01Jan

RDC : le cuivre en hausse de 4,89 % en 2024, le cobalt chute de 26,57 %

Le cours du cuivre s’est établi à 8.948,50 USD la tonne au 19 décembre 2024, en recul de 1,61 % par rapport à la semaine précédente, mais en hausse de 4,89 % depuis fin décembre 2023, selon la Note de conjoncture économique de la Banque centrale du Congo (BCC). Le cobalt, quant à lui, a maintenu son prix à 24.050,00 USD la tonne, un niveau inchangé depuis fin novembre 2024, bien qu’en baisse de 26,57 % sur l’année.

Première productrice de cuivre en Afrique et détentrice de 60 à 70 % des réserves mondiales de cobalt, la République démocratique du Congo est un acteur stratégique pour les industries des batteries électriques et des technologies vertes. En 2023, les exportations minières, principalement à destination de la Chine, ont généré un excédent commercial de 14,2 milliards USD, reflétant la dépendance du pays aux minerais.

Près de 80 % des exportations minières de la RDC et 90 % de ses ventes de cuivre et de cobalt sont destinées au marché chinois, consolidant ce partenariat économique majeur. La Chine, principale destination des exportations congolaises, a importé 18,7 milliards USD de produits congolais en 2023, contre 4,5 milliards USD d’exportations de biens chinois vers la RDC.

Malgré cette position stratégique, la forte dépendance de la RDC aux matières premières expose son économie aux fluctuations des cours mondiaux. Si le cuivre a montré une légère progression annuelle, la chute significative du prix du cobalt souligne la volatilité du secteur et ses impacts potentiels sur les revenus publics.

Pour contrer cette vulnérabilité, le gouvernement congolais met en avant la nécessité de diversifier les exportations en développant des secteurs comme l’agriculture. Les produits agricoles tels que le café, le cacao, le sésame, le soja et l’huile de palme figurent parmi les priorités pour réduire la dépendance minière. En outre, Kinshasa appelle à des investissements chinois accrus dans les infrastructures et la transformation locale des ressources pour maximiser la valeur ajoutée nationale.

Avec un modèle économique encore centré sur l’exportation brute des minerais, la RDC tente de poser les bases d’une économie plus résiliente et équilibrée. Toutefois, les défis structurels et les fluctuations des cours mondiaux restent des obstacles majeurs à surmonter.

SOURCE : ACTUALITE.CD

https://actualite.cd/2024/12/31/rdc-le-cuivre-en-hausse-de-489-en-2024-le-cobalt-chute-de-2657
31Dec

L’UE retire le café et le cacao de RDC de son marché

Dans une communication datée du 17 décembre 2024, la Fédération des entreprises du Congo (FEC) a alerté le ministre congolais du Commerce sur les graves répercussions économiques et sociales de cette exclusion.

Cette décision découle de l’application de la réglementation européenne « zéro déforestation », qui interdit l’importation de produits agricoles issus de terres où la déforestation s’est produite après le 31 décembre 2020. Ce règlement, entré en vigueur le 30 juin 2023, vise à limiter autant que possiblela déforestation et la dégradation des forêts causées par les matières premières agricoles importées dans l’Union européenne.

Un rejet dû à l’insécurité dans l’Est

La FEC considère cette décision comme une injustice. Elle affirme que d’importants efforts ont été consentis depuis des années pour assainir le secteur grâce au soutien de partenaires internationaux tels que la Banque mondiale, l’Union européenne, l’USAID et le Fonds international de développement agricole (FIDA).

De leur côté, les organismes de certification estiment que la décision de l’UE repose sur le rejet de leur demande de conformité. Ce rejet serait principalement dû à l’insécurité persistante dans l’est de la RDC, qui complique les processus de certification.

Des pertes en millions de dollars

Mike Ntambwe, PDG de l’Agence nationale de promotion des exportations (ANAPEX), a révélé, dans une déclaration relayée par actualite.cd, que plus de 400 tonnes de cacao disparaissent chaque semaine en raison de pratiques frauduleuses, entraînant une perte annuelle estimée à 60 millions de dollars américains.

Selon les données de la Banque centrale du Congo, les exportations de café de la RDC ont légèrement dépassé les 12.000 tonnes en 2023, contre 10.000 tonnes en 2022.

Le gouvernement congolais devrait réagir officiellement à cette décision de l’Union européenne lors d’une conférence de presse prévue ce lundi à Kinshasa, organisée par le ministère de l’Agriculture, de l’Environnement et du Commerce extérieur.

SOURCE : https://www.dw.com/fr/ue-enleve-cafe-cacao-marche/a-71187897

05Dec

Angola : Biden promet 600 millions de dollars pour le corridor de Lobito

Lors de sa visite en Angola, le président américain Joe Biden a dévoilé une enveloppe supplémentaire de 600 millions de dollars pour le projet ferroviaire du corridor de Lobito.

Ce projet ambitieux prévoit la modernisation de 1 300 kilomètres de voies reliant l’Angola, la République démocratique du Congo (RDC) et la Zambie.

Cet investissement, le plus important jamais réalisé par les États-Unis dans un projet ferroviaire à l’étranger, vise à exploiter les riches ressources stratégiques de cette région, notamment le cobalt et le cuivre, des matériaux essentiels à la transition énergétique mondiale et au développement des technologies propres, comme les véhicules électriques.

## Un levier pour le développement économique

Le président angolais João Lourenço a salué cette initiative, soulignant son impact potentiel sur la croissance régionale. « Ce projet sera un pilier du développement économique, en intégrant les petites et moyennes entreprises dans la chaîne de valeur commerciale, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et de l’exploitation minière. Il favorisera une augmentation du commerce et de la croissance économique au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et de la région de l’Afrique de l’Est », a-t-il déclaré.

En plus de réduire considérablement les délais d’expédition, le corridor de Lobito transformera cette région en un pôle clé du commerce mondial. Il permettra également à ces pays de passer du statut d’importateurs à celui d’exportateurs de produits alimentaires.

Un impact durable pour la région

Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, a également exprimé son enthousiasme pour ce projet. Il a souligné qu’il pourrait « créer des dizaines de millions d’emplois » et « changer durablement la trajectoire de la région ».

## Un partenariat stratégique international

Le corridor de Lobito bénéficie d’un financement conjoint des États-Unis, de l’Union européenne et du G7, témoignant d’un partenariat stratégique visant à attirer davantage d’investissements privés occidentaux en Afrique. Toutefois, l’achèvement du projet s’étalera sur plusieurs années, une partie des travaux devant se poursuivre sous l’administration de Donald Trump, qui prendra ses fonctions le 20 janvier prochain.

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14Nov

Makutano 10 : “La RDC doit être le cœur battant de l’émergence africaine, le temps des excuses est révolu. Si la RDC ne reprend pas sa place, elle portera la responsabilité du retard de tout un continent.” (Nicole Sulu)

Axés sur le thème : “The New Deal pour une RDC et une Afrique fortes et prospères”, les travaux de la dixième édition du forum économique “Makutano” ont été lancés mercredi 13 novembre 2024 au Centre Financier de Kinshasa par le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi. Cette nouvelle édition vise à réunir les acteurs de la vie économique, politique et sociale du pays pour accompagner le développement de la RDC mais aussi celui du continent africain.

Dans son intervention, Nicole Sulu, fondatrice de ce premier réseau d’affaires, a longuement évoqué le “New Deal africain”, une vision projetant l’Afrique en 2050 : une Afrique “transformée”, “unifiée” et “prospère” avec la République Démocratique du Congo comme moteur de ce développement.

“Le Congo, notre Congo, doit cesser de freiner l’Afrique. La République Démocratique du Congo, par sa taille, ses ressources et son potentiel humain, doit être le cœur battant de l’émergence africaine. Le temps des excuses est révolu : si la RDC ne reprend pas sa place, elle portera la responsabilité du retard de tout un continent. L’Afrique ne peut plus se permettre de rester immobile ; le compte à rebours a déjà commencé, et chaque jour qui passe est une opportunité perdue”, a déclaré Nicole Sulu dans son discours d’ouverture.

Elle a poursuivi : “Au cours des 10 dernières années, nous avons tissé des liens solides malgré les obstacles, malgré la COVID-19, malgré vents et tempêtes. Le Makutano n’a jamais cessé de rassembler. Dix ans de dialogue, de coopération et de rencontres qui ont ouvert les portes de Mbuji-Mayi, Kolwezi, Goma, Abidjan, Bruxelles, Paris, Brazzaville, jusqu’aux États-Unis. Nous avons bâti ici un réseau solide, une plateforme de discussions, de réflexions mais aussi d’actions qui transcendent les frontières et dépassent les individus.”

Dans son discours, où elle a transporté l’assistance dans une vision imaginaire de l’Afrique en 2050, Nicole Sulu a indiqué que le “New Deal Africa” se veut un mouvement dépassant les personnes, un engagement à transmettre de génération en génération.

“Le New Deal Africa n’est pas simplement une réponse économique, c’est un véritable crédo, une foi inébranlable en nos propres capacités, une affirmation de notre droit de décider de notre avenir. C’est l’engagement qu’en 25 ans, ce continent ne sera plus la terre des promesses éternelles, mais celle de la réalité accomplie. Nous ne rêvons plus d’un autre monde à explorer, ni de bonheurs lointains. Nous construisons résolument notre terre promise, pierre par pierre, de Dakar à Kinshasa, de Lagos au Cap, de Douala à Addis-Abeba. Que dans nos esprits, toute l’Afrique ne forme plus qu’un seul pays. Cette marche vers notre destin heureux, nous la commençons aujourd’hui à partir du Congo, qui n’est plus un géant endormi mais une nation debout, un moteur vibrant de cette Afrique nouvelle, portée par le courage de ses filles et de ses fils”, a-t-elle affirmé sous les applaudissements de l’audience.

Pour Nicole Sulu, cette Afrique “émergente” est possible ; il suffit de se mettre au travail pour y parvenir d’ici 25 ans. “Nous avons 25 ans pour forger une Afrique inébranlable, bâtir des ponts entre ce que nous sommes aujourd’hui et ce que nous devons devenir. En 2050, notre bonheur sera de regarder nos enfants, nos petits-enfants, dans les yeux, fiers de leur léguer une Afrique plus belle qu’avant. En toute humilité, merci d’avoir fait le pari de la confiance envers l’Afrique, sans jamais la trahir. Comme le disait Aimé Césaire : ‘Je suis africain, je suis africaine, non parce que je suis né en Afrique, mais parce que l’Afrique est née en moi.’ Il est temps de nous laisser habiter par l’Afrique”, a conclu Nicole Sulu, fondatrice du Réseau Makutano.

Au programme de Makutano 10, qui se tiendra jusqu’au vendredi 15 novembre 2024, de nombreuses thématiques seront abordées lors de panels : énergies (hydrocarbures, transition énergétique), autosuffisance alimentaire, infrastructures, mines, ainsi que des sujets concernant la jeunesse et les femmes.

Le Réseau Makutano connecte les leaders de l’écosystème économique de la République Démocratique du Congo et de ses voisins par des mises en relation à forte valeur ajoutée et des rencontres aux formats variés : déjeuners-débats, conférences, ateliers sectoriels, dîners exclusifs autour d’experts et voyages d’affaires. Il offre également des contenus exclusifs pour nourrir l’intelligence économique collective : webinaires, podcasts, livres blancs et Masterclass. Le réseau d’affaires compte plus de 600 membres actifs issus des secteurs public, privé et de la société civile.

SOURCE ACTUALITE.CD : https://actualite.cd/2025/01/01/rdc-les-dix-evenements-marquants-de-lannee-2024